Méditerranée
❓FAQ - Vos questions sur l’appellation Méditerranée
- Quelle est la différence entre un vin IGP Méditerranée et une AOP de la même région (Côtes du Rhône, Côtes de Provence, etc.) ?
Les AOP comme Côtes du Rhône, Côtes de Provence ou Luberon imposent des règles strictes sur les cépages, les rendements et les zones de production très délimitées. L'IGP Méditerranée est bien plus souple et plus large : elle couvre 10 départements, autorise un grand nombre de cépages y compris des variétés internationales comme le cabernet-sauvignon, le merlot ou le chardonnay et des rendements plus élevés. C'est souvent un choix délibéré de producteurs qui souhaitent élaborer des assemblages originaux non autorisés par leur AOP locale, ou produire des volumes adaptés à l'export.
- Pourquoi l'IGP Méditerranée produit-elle autant de rosés ?
Avec 60 % de sa production en rosé, l'IGP Méditerranée reflète fidèlement la culture viticole du sud-est français. Le grenache et le cinsaut cépages à peau fine donnant des jus pâles et fruités sont parfaitement adaptés au style rosé de Provence qui a conquis les marchés internationaux depuis les années 2000. L'attrait touristique de la région (Côte d'Azur, Provence, Corse) crée une demande locale forte en rosé estival, que les 44 % de volumes exportés viennent prolonger sur les marchés étrangers. L'IGP permet aux producteurs de répondre à cette demande à des prix accessibles.
- Qu'est-ce que les sous-zones "Comté de Grignan" et "Coteaux de Montélimar", et qu'apportent-elles ?
Ces deux unités géographiques plus petites sont situées dans la Drôme, aux confins nord de la zone méditerranéenne. Le Comté de Grignan, autour du célèbre château de la marquise de Sévigné, produit des vins marqués par la syrah sur galets roulés et argiles ; les Coteaux de Montélimar tirent leur caractère des versants ensoleillés de la vallée du Rhône. Mentionner l'une de ces sous-zones sur l'étiquette permet aux producteurs de revendiquer une identité territoriale plus précise, à la manière d'un cru au sein d'une appellation plus large. Une façon de valoriser un terroir tout en restant dans le cadre flexible de l'IGP.
- Pourquoi l'IGP Méditerranée produit-elle aussi des vins effervescents, et qui concurrence-t-elle ?
La tradition des vins mousseux sur ce territoire remonte au Moyen Âge, et plusieurs caves ont développé cette production dès les années 1950-1980 (en Ardèche, dans la Drôme, le Var et les Bouches-du-Rhône). Depuis décembre 2016, l'IGP Méditerranée peut officiellement remplacer la mention "Vin de France" sur les mousseux du grand sud-est. Ces bulles principalement des rosés en méthode charmat visent délibérément le créneau laissé libre par le Prosecco italien et le Cava espagnol sur le marché de l'effervescent accessible. Avec environ 10 000 hl produits par une deux-centaine d'opérateurs, c'est encore une niche, mais en forte croissance.
- Pourquoi 80 % des vins Méditerranée sont-ils des assemblages et non des vins de cépage ?
L'assemblage est au cœur de la tradition viticole méditerranéenne française : grenache, syrah, cinsaut et carignan se complètent naturellement le grenache apporte le fruit et l'alcool, la syrah la structure et les épices, le cinsaut la fraîcheur et la légèreté, le carignan la couleur et l'acidité. Élaborer un assemblage bien équilibré demande un vrai savoir-faire et protège mieux contre les aléas climatiques d'une seule variété. Seuls 20 % des vins sont produits en cépage pur, souvent des viogniers, des chardonnays ou des syrahs qui expriment mieux leur identité seuls. Un vin labellisé "Méditerranée Syrah" indique que le cépage représente au moins 85 % de l'assemblage.