Saint-Pourçain
❓FAQ - Vos questions sur l’appellation Saint-Pourçain
- Qu'est-ce que le tressallier, ce cépage si particulier des blancs de Saint-Pourçain ?
Le tressallier est le nom local du sacy, un cépage blanc originaire de la région de Chablis (village de Sacy, dans l'Yonne). Selon la tradition, des moines cisterciens traversèrent l'Allier au XIIIe siècle pour fonder une abbaye à Saint-Pourçain, emportant avec eux des plants de vigne. Le nom s'est alors transformé en "tressallier" une déformation populaire de "trans-Allier", le vin d'au-delà de l'Allier. Ce cépage à robe jaune pâle dorée est aujourd'hui quasiment introuvable hors du Val de Sioule : il apporte aux blancs de Saint-Pourçain une vivacité, une minéralité et des notes d'agrumes très caractéristiques qui tranchent nettement avec les chardonnays plus ronds et beurrés du reste du vignoble français.
- Pourquoi Saint-Pourçain est-il rattaché au Val de Loire alors qu'il se trouve en Auvergne ?
Géographiquement, Saint-Pourçain-sur-Sioule est bien dans l'Allier, en plein Bourbonnais une région historiquement auvergnate. Mais le vignoble borde les rives de la Sioule, affluent de l'Allier, qui se jette lui-même dans la Loire quelques dizaines de kilomètres plus au nord. L'INAO a choisi de rattacher l'appellation au grand bassin viticole du Val de Loire, en cohérence avec les autres vignobles du Centre-Loire (Sancerre, Pouilly-Fumé, Menetou-Salon) qui partagent des influences climatiques et des traditions viticoles proches. Le cahier des charges autorise d'ailleurs la mention complémentaire "Val de Loire" sur les étiquettes.
- Quelle est la différence entre les trois couleurs de Saint-Pourçain ?
Les blancs (35 % de la production) sont les plus originaux : assemblage obligatoire de chardonnay et de tressallier, ils sont secs, frais, fruités et minéraux parfaits sur les fromages bourbonnais comme le saint-nectaire ou la fourme d'Ambert. Les rouges (55 %) assemblent gamay et pinot noir dans des proportions variables selon le style recherché : plus de gamay pour la fraîcheur et le fruit, plus de pinot noir pour la finesse et la longueur en bouche. Les rosés (10 %) sont issus du seul gamay par pressurage direct ou saignée : secs, saumonés, vifs et aromatiques, ils se dégustent jeunes à l'apéritif.
- Comment Saint-Pourçain a-t-il failli disparaître, et comment s'est-il sauvé ?
Au XIXe siècle, le vignoble couvrait encore 8 000 ha. L'arrivée du chemin de fer a précipité sa chute en mettant fin à son isolement commercial : les vins du Midi, moins chers, ont envahi les marchés du nord de la France. Le phylloxéra a ensuite détruit le vignoble à la fin du siècle. La replantation s'est faite en partie avec des cépages hybrides peu qualitatifs, aggravant la réputation de l'appellation. C'est la création de la cave coopérative en 1952 l'Union des Vignerons qui a sauvé Saint-Pourçain en fédérant les producteurs, modernisant les chais et obtenant le VDQS en 1951 puis l'AOC en 2009. Aujourd'hui, la coopérative vinifie encore environ les deux tiers des volumes.
- Avec quels plats accorder les vins de Saint-Pourçain ?
La gastronomie bourbonnaise s'accorde naturellement avec les trois couleurs de l'appellation. Les blancs (chardonnay-tressallier) sont les compagnons idéaux des matelotes de poissons de l'Allier, des brochet à la crème ou des fromages locaux (saint-nectaire jeune, cantal). Les rouges légers à base de gamay s'apprécient légèrement frais sur des volailles, des civets de lièvre ou des charcuteries de pays comme les grattons bourbonnais. Les rosés de gamay accompagnent parfaitement les terrines et pâtés régionaux. Un accord régional classique et très recommandé : blanc de Saint-Pourçain sur une tourte à la viande bourbonnaise ou un piquenchâgne (tarte aux poires).